Le choix entre présenter la joue droite ou se lever

«Il faut montrer aux terroristes qu'on n'a pas peur!»  Je ne cesse de lire cette phrase dans les médias depuis les attentats de Londres.  Ça me fait rire, d'ailleurs, car c'est un parfait signe d'un peuple qui ne comprend pas ou qui ne veut pas comprendre.

La population britannique est massivement opposée à l'intervention anglaise en Irak.  Malheureusement, elle n'a fait que se contenter de chiâler et n'a jamais voulu mettre son poing sur la table.  Résultat?  Le gouvernement anglais a envoyé ses troupes et les y maintient.  Ce qui fait en sorte que les vilains méchants terroristes sans coeur et sans pitié ripostent et attaquent des innocents.

Imaginons la situation inverse.  Un pays quelconque attaque militairement les États-Unis et les occupe, tentant de soumettre les habitants états-uniens aux coutumes de l'envahisseur.  Beaucoup de résidents se sentiraient impuissants et se plieraient.  Toutefois, les plus déterminés riporteraient avec les armes dont ils disposent.  L'explosif et les prises d'otages seraient bien sûr au rendez-vous.  C'est ce que les moyen-orientaux font en ce moment.  D'une façon discutable, j'en conviens.  Manipuler des pratiquants pour leur faire croire qu'Allah sera fier d'eux s'ils vont se faire sauter, alors que le Coran prône la paix, c'est malhonnête.  Toutefois, ces gens, qu'ils soient manipulateurs ou manipulés, partagent le même objectif: repousser l'envahisseur.

Si on remonte dans l'Histoire, on peut se rappeller que la célèbre résistance française, contre le dictateur Adolf Hitler et l'aplat-ventriste Philippe Pétain, avait parmi ses principales tactiques le terrorisme.  Pourtant, tous l'ont reconnu, il ne s'agissait que de se défendre.  Tout comme les terroristes musulmans, ce qu'on ne reconnaît pas à ces derniers.

Malheureusement, ceux-ci ne parviennent pas à rendre la méthode assez efficace.  Explosions, prises d'otages, assassinats, rien n'y fait: les revendications pour le retrait des troupes ne connaissent pas de suite.  Bien entendu, contrairement aux Français des années 1940, les terroristes musulmans n'ont pas d'alliance sur qui compter pour une éventuelle assistance militaire massive.  Alors ils ont commencé à attaquer le problème à la source: frapper directement chez l'assaillant, pour faire réagir la victime première, la population.  En Espagne, ça a fonctionné.  La population a décidé qu'elle en avait assez et qu'elle ne voulait pas connaître l'attentat de Madrid une seconde fois.  Elle a vite profité du scrutin et porté au pouvoir le parti en faveur du retrait des troupes.  Les Espagnols n'ont pas été aussi orgueilleux que les Anglais et les Américains, et ont vu dans la victoire des terroristes une façon simple de se retirer de la liste des cibles des moyen-orientaux.  Une meilleure sécurité était désormais assurée aux Espagnols, et ce, sans bouclier anti-missiles, sans état-policier, sans guerre au terrorisme.

Il n'est écrit nul part que si un terroriste nous fait sauter la joue gauche, on doit lui présenter la joue droite et continuer de le défier.  Le peuple britannique devrait donc suivre l'exemple espagnol, se lever, et faire clairement comprendre au gouvernement de Tony Blair qu'il veut que le retrait des troupes, supposément déjà lentement commencé, soit mis en oeuvre de façon sérieuse.

Tiens, je vais commencer par un PS: je remarque que tu n'utilises pas, au contraire de la plupart des gens, le terme "Américains" pour désigner les habitants des États-Unis. Bravo, j'adore :) Et je t'appuis totalement! Les Américains habitent le continent américain, les États-Uniens habitent les États-Unis.

Ensuite, concernant le billet, je dois dire que je suis mitigé.

Je ne suis pas intensément la poitique internationale. Tony Blair, je le connais de nom, je sais qu'il est le Premier ministre du Royaume-Uni, mais ça s'arrête là. Je ne suis pas au courant de ses actions au cours de ses années au pouvoir (excepté bien sûr sa participation à la guerre en Irak). Mon prof de politique m'avait dit que les candidats aux dernières élections en G-B étaient trop mous, avec des projets gouvernementaux trop flous ; Tony Blair aurait été un très bon chef de gouvernement pendant plusieurs années (excepté sur la question de la guerre en Irak). Est-ce que les Britanniques aurait dù voter pour un parti contre la guerre mais qui a un projet trop flou, ou pour quelqu'un qui a déjà fait ses preuves et qu'on peut faire changer de position sur la guerre en Irak?

D'un autre côté, je suis tout à fait d'accord avec toi sur la question des attentats terroristes: c'est leur moyen de pression pour forcer les gouvernements impliqués dans la guerre de réviser leur position. Et je suis d'accord avec toi: c'est complètement malhonnête de faire passer ça sur le dos de Dieu, "c'est la volonté de Dieu, c'est une guerre sainte!" mon cul!

Toutefois, y a-t-il d'autres moyens que le terrorisme pour montrer sa résistance contre l'imposition du mode de vie états-unien (ou occidental, de façon plus générale)? Probablement. D'aussi choquants? Sûrement pas...