Kowabunga! prononça-t-il...

Un long suspense de deux ans et demi qui vient de prendre fin.  C'est dans un sentiment de colère, parfois de peine, que les employés du secteur public québécois viennent de voir leur nouvelle convention collective être imposée.

Pourtant, il ne s'agit aucunement d'une surprise.  Depuis juin 2003, soit au moment où l'ancienne convention collective est venue à échéance, le gouvernement n'a jamais été très productif sur la négociation.  Les syndiqués ont attendu très longtemps avant que leur employeur ne commence à parler du renouvellement.  À partir de ce moment, l'offre salariale n'a jamais bougé.  De ce côté, le gouvernement n'a évidemment jamais eu l'intention de négocier, bien qu'il ait continuellement mentionné le contraire.

Hier soir, les médias parlaient d'un coup de théâtre, après que le leader du gouvernement en Chambre, Jacques Dupuis, ait ajourné les travaux parlementaires jusqu'en mars.  Pourtant, il s'agissait d'un coup tout à fait calculé et prévisible.  Si la session s'était poursuivie normalement, le recours au baillon aurait été nécessaire pour faire appliquer les deux projets de loi.  La tenue d'une session extraordinaire permettait d'utiliser des règlements dits d'urgence, pour tout faire en vitesse.  Ainsi, pas besoin d'utiliser le mot «baillon», psychologiquement agressant pour une population qui tient en rogne le gouvernement.

Une pierre, deux coups

Le gouvernement de Jean Charest a également profité de cette session extraordinaire pour adopter de force le projet de loi 124, sur la gestion des CPE.  La ministre Carole Théberge a dù sentir que ses patrons lui jouaient dans le dos.  Tout d'abord, elle a appris dans les médias l'ajournement des travaux parlementaires.  Ensuite, elle se fait rappeler au Parlement pour cette session spéciale dans le but d'applaudir son leader parlementaire gueuler à l'urgence.  Pauvre elle...

Privatisation de la gestion de l'eau

Passé complètement inaperçu à cause des projets 124 et 142, le projet de loi 134 a été adopté mercredi par l'Assemblée Nationale.  Globalement, cette loi autorise les municipalités à confier la gestion et le financement de la gestion de l'eau au secteur privé.  En autres mots, l'eau potable qui sort de votre robinet pourra devenir un produit de consommation, distribué par un monopole choisi par votre hôtel de ville.

Cette loi est inquiétante car elle permettra officiellement de faire en sorte que l'entreprise privée qui gèrera l'eau puisse faire du profit sur chaque litre d'eau que vous utilisez.  Elle fera surtout en sorte que vous devrez payer le prix du marché pour le liquide le plus essentiel à la vie qui soit.  Ce sont là les plus démunis qui en souffriront, car ils ne peuvent pas réduire infiniement leur consommation d'eau en fonction de leur capacité de payer.

Malgré tout, c'est pile au bon moment

Les employés de l'État feront tout pour mobiliser la population contre ce baillon déguisé.  Pourtant, ils ne trouveront pas la tâche facile.  Le jour est tout particulièrement bien choisi par les Libéraux.  Non seulement cette adoption s'est faite pendant la campagne fédérale, mais en plus, elle s'est faite le soir d'un débat des chefs, ce qui brouillera la une des journaux demain matin.

Comme quoi un gouvernement ne sait pas s'assumer.

À entendre les propos de

À entendre les propos de certains citoyens, c'est une bonne chose que les employés de l'État se retrouvent avec une convention collective impos?e: fini les journées de débraillage à tout bout de champ. Ça a beau avoir ce bon, je suis certain que les employés de l'État se battaient pour des bonnes raisons contre un gouvernement qui ne veut pas négocier.

Quant aux lois passées en douce, je ne saurais être trop d'accord avec toi sur le moment choisi pour les passer. Je n'avais jamais entendu parler du projet 134! C'est complètement inadmissible! Encore quelque chose d'essentiel qu'on transforme en source de $$$... Et, bien sûr, ce sont les plus pauvres qui vont en pâtir...