Verdict populaire effrayant

Je pleure. Oui, je pleure. Avez-vous vu ce vent de droite? Ça fait peur!

C'est à peine croyable. Personne n'a vu venir cette puissante montée adéquiste. Personne. Les gens savent-ils au moins pourquoi ils font un tel choix? Beaucoup de gens disent faire un vote de contestation. Voilà ce que ça donne, un vote à l'aveuglette contre un parti.

On peut au moins se consoler un peu. Tout d'abord, le plus loufoque, la défaite de Jean Charest dans son propre comté. Et pas aux mains de n'importe qui! Si l'ADQ avait remporté, ça n'aurait pas été si surprenant que ça. Mais c'est le PQ qui a pris son comté! Un parti souverainiste qui gagne le coeur des électeurs et des électrices d'un parti représenté par Jean Charest, leader fédéraliste, depuis 1984! La situation est très intéressante car on verra de belles spéculations sur l'avenir de Jean Charest. Restera-t-il? Il peut se faire céder un comté sûr par un autre député et se faire élire dans une partielle, mais il subira assurément de la pression venant de l'interne de son parti pour qu'il permette le lancement d'une course à la chefferie.

Parlons maintenant du PQ. Au moment d'écrire ces lignes, André Boisclair n'a pas encore prononcé de discours. Mais il n'aura pas du tout le choix, s'il n'annonce pas sa démission à titre de chef ce soir, ça viendra dans les prochains jours, mais chose certaine, ça viendra rapidement. La déconfiture du PQ s'est empirée par rapport à 2003, les militantes et les militants du parti ne sauront pas tolérer ça.

Dans un ordre d'idée plus joyeux, on peut noter le beau progrès du Parti Vert et de Québec Solidaire. Ils passent tous deux de 1% à 4% du vote. Ce qui est encourageant pour les gens impliqués dans ces partis, car ils et elles vivent une belle réalité, soit que des petits partis peuvent grandir. D'ailleurs, cette explosion de l'ADQ apporte un argument aux petits partis, qui sont souvent victime de l'argument «vous ne gagnerez jamais»: regardez l'ADQ, ils sont passés de groupuscule à parti d'opposition officielle, très près derrière les Libéraux...

Je ne trouve pas mes mots ce soir. Je suis désespéré par le choix qu'a fait le peuple Québécois. Rien de plus à dire. Mais on aura peut-être droit à une consolation: imaginez, deux courses à la chefferie en même temps, ça pourrait être très drôle!

Mise à jour, 26 mars 2007: André Boisclair n'a pas démissionné. Il faudra voir dans les prochains jours pour voir s'il reste comme chef du Parti Québécois.

Mise à jour, 26 mars 2007: Le Directeur général des élections a avisé le Parti Libéral d'une correction. À cause de contestations au comptage, une partie des votes n'avaient pas encore été comptabilisés, mais finalement, Jean Charest est élu dans son comté. Le suspense autour de son avenir politique est donc évacué.

Dans un certain sens, je me

Dans un certain sens, je me réjouis de ce gouvernement minoritaire. Quand les résultats sont aussi serrés que ce qui a été vu lundi, ça serait difficile pour n'importe quel parti de gouverner selon son bon vouloir, selon son propre agenda sans tenir compte de l'avis de l'opposition. Donc, c'est bien dommage que ce soit le PLQ qui ait remporté le scrutin, mais ç'aurait été le PQ ou l'ADQ que le résultat en aurait été le même.

Un gouvernement minoritaire doit être capable de dealer avec ses opposants, ça le force donc à être moins téméraire dans ses actions.
À être plus "conservateur". En contre-poids, ça cause une certaine immobilité. On ne peut pas vraiment prendre de décision vraiment réformatrices, révolutionnaires, nouvelles, risquées sans être appuyé par l'une des autres forces majeures de l'opposition. Ce qui n'est pas nécessairement un plus grand mal, après ce que Charrue nous a montré durant son précédent mandat...

Quant à André Boisclair, je ne sais pas s'il devrait réellement démissionner. Un des grands reproche qu'on lui faisait, c'était que c'est un nouveau chef de parti, inexpérimenté. Soit. alors, devrait-on lui laisser sa chance, de montrer ce qu'il a dans le ventre ? Un des problèmes du PQ est qu'il ne forme pas l'opposition officielle, donc on risque de moins parler du PQ et de Boisclair que de Mario Dumou. Néanmoins, Boisclair et le PQ ne peuvent pas rester totalement dans l'ombre...

Enfin, du côté du QS et du PV, c'est certainement un message encourageant. D'accord, ils n'ont fait élire aucun de leurs candidats. Néanmoins, l'appui de la population est meilleure, comme tu le ressors. Et avec les nouvelles générations, qui veulent du changement, on peut s'attendre que les partis alternatifs deviennent plus que des alternatives.