Fin des négociations

Hier, un énorme soulagement s’est fait sentir chez les usagers du transport en commun montréalais. Le ministre du travail, David Whissel, a avisé les parties syndicales et patronales qu’elles avaient deux jours pour s’entendre, faute de quoi le gouvernement «prendra ses responsabilités». Ce qui signifie, dans son langage, qu’il proposera une loi spéciale, sachant que l’ADQ va l’appuyer.

Se faisant, il vient de sonner la fin définitive des négociations. Après tout, pourquoi l’administration de la STM tenterait de faire débloquer le conflit? Déjà qu’elle n’a aucune volonté que ça se termine par une entente négociée, maintenant elle peut attendre tout simplement que le gouvernement impose la position patronale. Ou, à tout le moins, qu’il empêche les syndiqué-e-s d’exercer leur moyen de pression. Le résultat est le même.

Il ne fallait pas s'attendre à une quelconque autre conclusion: la population montréalaise a très peu accordé de solidarité et d'appui au travailleurs et travailleuses de l'entretien à la STM. Peut-on la blâmer? Une grève, c'est supposé être un moyen de faire chier le patron et obtenir l'appui de la clientèle. Là, non seulement c'est la clientèle qu'on fait chier, mais en plus l'employeur n'est pratiquement pas affecté: les cartes mensuelles sont déjà achetées par les clients et les clientes, et l'entreprise économise un peu d'argent sur les salaires pendant la grève. D'autant plus que le patronat de la STM voyage probablement en voiture, alors...

On ouvre les paris: qui bénéficiera le plus de cette loi spéciale dans les intentions de vote: les Libéraux, qui la proposeront, ou les Adéquistes, qui ont botté le derrière du gouvernement dans ce dossier?

Non, je doute que ça donne vraiment des points à un quelconque parti politique. Je veux dire : tout le monde s'en fout de savoir qui a proposé ou qui a appuyé une loi spéciale visant à arrêter la grève générale illimitée des employés de soutien de la STM. Tout ce que le monde veut, c'est que les transports en commun reprennent normalement, peu importe comment ça se fera. Et quand ça reprendra, eh bien, la page sera tournée et on ne parlera plus de cette grève. Mardi, elle sera déjà aux oubliettes. (Lundi, y'aura encore quelques personnes qui se demanderont s'il y a du transport, donc c'est mardi que ça sera oublié...)

En fin de compte, la grève arrête sans loi spéciale. Mais c'est tout comme: les travailleurs et travailleuses n'ont obtenu aucune amélioration, ils ont juste eu peur de la loi spéciale. Les négociations reprennent donc cette semaine, sans grève.