Montréal encerclée de gratuité

La Première Chaine de Radio-Canada soulevait ce matin que la Société de transport de Laval (STL) et le Réseau de transport de Longueuil (RTL) offrent aujourd'hui le transport gratuit. Ce soir il y aura inévitablement beaucoup de circulation, et afin de prévenir un surplus d'automobiles simultanément sur les routes et diminuer les émissions de gaz à effets de serre, on incitera la population à prendre les transports collectifs pour visiter la famille.

À Montréal? Rien. Nada. Alors que c'est à chaque jour qu'on aurait besoin d'une telle mesure. Il y a trop de voitures sur les routes, celles-ci s'usent plus rapidement, les alertes au smog sont une chose de plus en plus courante. Devant ce constat (qui n'est plus à prouver), la STL annonce une baisse de ses tarifs pour le 1er janvier 2008, la Société de transport de Montréal hausse les siens.

Gérald Tremblay et Claude Trudel vous souhaitent un joyeux Noël.

Cette année, la famille descend chez moi pour le réveillon. Châteauguay, Terrbonne, Montréal, Abitibi-Témiscamingue, hop ! direction mon chez-moi dans un trou perdu de la banlieue rivesudienne... C'est drôle, pour être écolo, j'aurais dû leur conseiller de rester chez eux !

C'est drole que tu dises

C'est drole que tu dises subtilement que c'est la faute de la vile si il y a des problèmes d'argent à la STM. Pis que tu vente les mérites des banlieues. La seule facon de baisser les tarifs serait de hausser les taxes et donc d'augmenter le cout de la vie en ville, ce qui déplacerait du monde en banlieue et donc augmenterait les distances parcourues.

Là où j'accuse les villes,

Là où j'accuse les villes, ce n'est pas au fait qu'elles ne financent pas assez le transport collectif, car elles font leur part. C'est plutôt sur le fait qu'elles ne mettent pas de pression sur Québec pour que celle-ci recommence à financer adéquatement le transport collectif. En 1992, le gouvernement québécois donnait aux villes la responsabilité du transport en commun, sans leur donner le financement adéquat. Résultat? 100 millions de dollars coupés.

Aujourd'hui, les besoins ont considérablement augmenté. Que ce soit en terme d'entretien des réseaux ou en terme d'expansion, les réseaux coûtent beaucoup plus cher à maintenir mais sont fort nécessaires, surtout avec le besoin de lutter contre les émissions polluantes.

L'injection de 130 millions de dollars en 2006 par le gouvernement du Québec, via la Politique québécoise du transport collectif, présentait une faille majeure qui permet au gouvernement de ne pas verser l'argent promis: chaque dollar investi par l'État doit être accompagné d'un nouveau dollar venant des municipalités. Or, les municipalités ne l'ont généralement pas, ce dollar supplémentaire, donc Québec ne met pas le sien non plus.

Que peuvent faire les administrations municipales contre ça? Se servir de la place publique pour dénoncer le manque de financement. C'est bien beau négocier à huis clos, mais il n'y aura des effets positifs que si la population est clairement informée sur le dossier. À Montréal, par exemple, l'administration pourrait très bien travailler avec les syndicats de la STM pour produire et distribuer un matériel d'information clair et efficace. Les syndicats le font de temps à autre, que ce soit pour lutter contre les PPP ou dénoncer les abus de l'administration de la STM, et ce matériel est d'une très bonne qualité et convainc les usagers.

Voilà pourquoi les villes méritent une partie importante du blâme.