Inventer des coupables

Depuis que TQS s’est placée sous la protection de la faillite, les réactions deviennent de plus en plus drôles. Que ce soient les groupes sur Facebook ou les propos voulant que TQS soit un porte-drapeau de la culture et de la variété, on ne s’ennuit pas. Mais voilà que Christine St-Pierre, la ministre québécoise de la culture et des communications, vient de s’en mêler et, par le fait même, de rehausser le standard de ridicule en matière de réaction à cette situation. «Je pense que si TQS meurt, on va trouver une balle de Radio-Canada près du coeur», qu’elle a dit.

Selon la ministre, la potentielle fermeture de TQS sera la faute de la société Radio-Canada. Rappelons-nous que celle-ci a pris la décision, il y a quelques temps, de se désaffilier de certaines stations régionales de TQS, soit celles de Sherbrooke, Trois-Rivière et Saguenay. Cette désaffiliation aura pour effet de hausser fortement les pertes de TQS, selon les dires de son propriétaire, Cogeco. C’est donc sur cet argument que la ministre attaque Radio-Canada. Un argument que TQS avait déjà tenu auparavant, mais qui est encore plus douteux lorsque venant de la bouche d’une ministre. Une ministre qui est l’ex-employée de Radio-Canada et qui est en lutte syndicale contre l’entreprise publique, rappelons-le.

Déjà, les propos de Mme St-Pierre sont tout simplement faux. Comme l’a répliqué la société d’État, la désaffiliation ne se concrétisera qu’en avril 2009, ce qui exclut d’office qu’elle soit responsable des ennuis financiers de TQS.

Mais au-delà de cette question, en quoi Radio-Canada aurait à se sentir coupable? Est-ce que Mme St-Pierre voit la mission de Radio-Canada comme se résumant uniquement au soutien d’un concurrent privé? Radio-Canada n’a pas à être menottée à TQS. Si l’entreprise publique se détache du réseau privé, c’est à ce dernier de s’adapter.

TQS en arrache parce que l’auditoire la délaisse au profit d’autres stations de télévision. C’est aussi simple que ça. TQS offre un produit qui ne plait pas au public autant que le produit offert par la concurrence. Et c’est la loi du marché qui intervient. La seule façon pour TQS de survivre à moyen terme sera de récupérer sa clientèle. Ainsi la diffusion de publicité à cette chaîne prendra davantage de valeur et TQS verra ses revenus grimper.

Qui est coupable? TQS et son contenu de merde. Les dirigeants et dirigeantes de l’entreprise pleurent mais n’ont qu’eux et elles-même à pointer du doigt. Au moins ils et elles pourront se remonter le moral avec notre ministre humoriste.

Je ne suis pas un grand écouteur de télévision. Néanmoins, quand je la regarde, je préfère écouter une télévsion qui me ressemble. Je suis plus fidèle aux chaînes spécialisées, qui passent un contenu qui m'intéresse sur des sujets qui m'intéressent 24h/24, plutôt qu'à une télévision généraliste qui va plaire à "tout le monde".

Il ne faut pas aussi oublier

Il ne faut pas aussi oublier que TQS et TVA n'ont pas d'argent de la cablodiffusion et des satellites. De plus, TVA, en utilisant vidéotron (une filiale) et des magazines à potins (filiales), ils ont plus d'argent. Mais il est vrai que TQS n'avait plus beaucoup d'émissions intéressantes et que leur déficit n'est pas augmenté par Radio-Canada, ce qui est totalement mensonger.