En bons spectateurs
Certains députés ont le tour de se mettre les pieds dans les plats. Parlez-en à Hubert Benoit, député adéquiste de la circonscription de Montmorency. En entrevue à une station de radio de Québec, il a dit de son caucus qu’il est un groupe de niaiseux. Ça n’a pas dù être très long avant qu’il ne soit convoqué au bureau de Super Mario...
M. Benoit dit qu’il «faut prendre le temps, dans le domaine de la politique, d'apprendre notre travail comme il faut, d'apprendre nos dossiers avant d'avancer plus.» Il y a toutefois un problème de calendrier, ici. Normalement, quand on fait la démarche pour porter sa candidature comme député, on doit vivre une certaine passion pour la politique qui fait que... l’on connaît déjà nos dossiers! Après tout, on ne prétend pas vouloir défendre des positions politique si on ne sait pas les détailler et les argumenter. Et de s’attacher à un parti politique implique qu’on connaisse les positions de ce parti comme le fond de sa poche. Ce qui n’est clairement pas le cas de Hubert Benoit.
D’ailleurs, il a patiné tant bien que mal pour défendre l’attitude de son parti à l’Assemblée nationale. Devant les médias, on ne voit que Mario Dumont, ou presque. Puis en chambre, la majorité du temps, il n’y a que ce dernier, ainsi que Gilles Taillon et Sébastien Proulx, le leader parlementaire du parti, qui interviennent et posent des questions. Et dans les dossiers qui sont, selon M. Benoit, priorisés par l’ADQ, soit les finances publiques, l’éducation et la santé, généralement c’est Sébastien Proulx qui parle à la place des porte-paroles désignés pour ces dossiers.
Qui sont les députés de l’ADQ? Une bande de jeunes qui pensaient pouvoir changer le monde sans rien connaître aux dossiers politiques, et qui se sont présentés sous la bannière du parti du gros bon sens. Parce que le gros bon sens, ça semble évident, ça ne semble pas demander d’explications, surtout quand on ne connaît rien aux enjeux de l’heure. Une bande de jeunes qui se présente sans se soucier de l’après-élection, car ils ne croient pas pouvoir l’emporter. Une bande de jeunes qui l’a emporté non pas à cause de leurs compétences mais bien à cause du charisme de leur chef, et qui ne réalisent pas à quel point ils serait souhaitable qu’ils démissionnent et cèdent leur place à des gens vraiment motivés et compétents.
«Il vaut mieux se taire et avoir l'air niaiseux que parler et prouver qu'on l'est», qu’a dit Hubert Benoit sur les ondes de CJMF. Trop tard.
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