Qualité de l'air présumément acceptable
Lorsque vous passez dans les stations de métro Berri-UQAM, Lionel-Groulx ou McGill, vous pouvez voir sur les écrans vidéos un indicateur de la qualité de l'air. Enfin, il est assez difficile à voir, puisqu'il n'est affiché qu'environ 5 secondes par 10 minutes, à la place du logo Métrovision.

Mais si vous êtes chanceux(ses), vous le voyez peut-être à tous les jours. Et vous remarquez peut-être également qu'il indique fréquemment «Acceptable» comme niveau de qualité de l'air plutôt que «Bonne». Trop souvent, même.
Louis-Gilles Francoeur écrivait jeudi dans Le Devoir quelques chiffres venant confirmer ce constat, à la suite de la publication du deuxième bilan environnemental de la ville de Montréal. La période analysée est celle de 2003 à 2006, le premier rapport ayant couvert les années 1999 et 2000.
En gros, les émissions de gaz à effets de serre en provenance du milieu industriel sont passées de 30 064 à 34 334 tonnes, soit 14% d'augmentation. Le parc automobile a pris de l'expansion, augmentant de 50 046 véhicules (6,5%), puis l'achalandage quotidien sur les ponts a augmenté de 40 000 voitures, soit 3,4%.
Ces chiffres confirment donc que le volontarisme pour favoriser l'environnement n'est pas une solution gagnante. Les appels du porte-monnaie et du marketing des vendeurs d'automobiles (deux appels pourtant très en opposition) ont le dessus sur les appels de la santé et de la nature dans la tête des Montréalais(es). Le plan de transport de l'administration de Gérald Tremblay, qui sera déposé en juin, proposera le péage aux entrées de l'île. Ce ticket modérateur aurait dù être instauré il y a fort longtemps, et pas uniquement aux ponts, mais sur toutes les autoroutes (même si cet élément n'est pas entre les mains municipales).
Je dis ça, mais au fond, ce plan, j'y croirai le jour où je verrai son application. Les politicien(ne)s de droite sont passés maitres dans l'art de proposer des projets et de subtilement les mettre au rancart. D'ailleurs, les chantiers routiers importants à Montréal ces derniers temps ou prochainement, tels que l'autoroute Notre-Dame et le carrefour giratoire à l'entrée par le pont Le Gardeur, visent tous une meilleure capacité d'accueil pour les automobiles de l'extérieur.
Le péage en ville, les hausses de prix de stationnement, l'ajout de voies réservées à des endroits déjà très congestionnés, présentement ça fait perdre plus de votes que ça en fait gagner. Ces mesures ont pour but de dissuader l'auto-solo en faisant chier ses adeptes et en générant des revenus à partir des têtes dures. Électoralement c'est dangereux. Présentement, le maire Tremblay ne peut se permettre ce genre de faux-pas politique (même s'ils feraient le plus grand bien), car les élections municipales s'en viennent dans moins de deux ans, et présentement, le nouveau chef de l'opposition, Benoit Labonté, a plutôt bonne presse. Les politicien(ne)s de carrière tiennent à leurs votes, que voulez-vous.
Ce second bilan environnemental ne m'étonne pas du tout. Les chiffres qu'il nous présente sont inquiétants, et il est urgent d'agir afin de renverser la tendance. Il ne manquerait plus qu'un réel appui de la classe politicienne, qui devrait continuer de nous offrir des paroles en l'air encore et encore, si la tendance se maintient. Ainsi, comme la qualité de l'air à Montréal continuera de se dégrader, il ne restera plus qu'à réduire encore plus l'affichage de l'indicateur de la qualité de l'air dans le métro, afin d'éviter qu'il ne fasse honte à notre ville.
Dormez tranquilles, citoyen(ne)s, tout est sous contrôle.
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