L'accès à l'information, poudre aux yeux

Jean-François Codère parle, dans le Journal de Montréal d'aujourd'hui, d'une décision assez douteuse de la Commission d'accès à l'information du Québec. Celle-ci a refusé la divulgation d'un document de la ville de Saint-Jean-sur-Richelieu à un journaliste local. Pour quelle raison?

L'obtention du document par le journaliste «pourrait entraver les négociations en cours puisqu'elle fournirait des informations à des regroupements qui pourraient faire des représentations au [ministère de l'Environnement]», selon la commissaire Guylaine Henri.

Donc, si je comprend bien, la CAI elle-même cache le document pour éviter une résistance de la population? Attendez, la commissaire en rajoute: «la preuve démontre que la divulgation du document en litige pourrait provoquer des débats et des interventions pouvant mettre en péril les négociations en cours».

Le débat public est une chose nuisible à l'autorité bourgeoise, tous et toutes le savent. Voilà que celle-ci a maintenant l'appui de la CAI, organisation supposée freiner les ardeurs cachotières de nos dirigeants. La transparence est un pré-requis en démocratie. Si tous connaissent les dossiers, tous peuvent se prononcer et ainsi avancent les idées. Le contraire est une trace de plus de la subtile dictature dans laquelle nous vivons.

Gageons que cet incident va se répéter ad nauseam, à présent.

"Un article des règles de

"Un article des règles de la Commission prévoit justement une exception permettant de soustraire à l'attention du public des documents liés aux négociations entre deux organismes publics."

Hein ? De quoissé quessé ça ?!

Donc, si je comprends bien, on peut lire des dossiers et donner notre avis concernant des affaires entre organise public et organisme privés. Mais pour un dossier entre organismes publics, il faut suivre aveuglément ce que nos bons ministères, offices, services municipaux et autres entités publiques jugent qui est bon pour nous. Puis-je m'éclater la tête contre un mur ?